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Gallerie 101
photo : Zoë Ashby
La Galerie 101 loge maintenant au centre-ville et au cœur de l'effervescence
Par Nichole McGill
La rue Bank, près du centre-ville, est en pleine effervescence. Cette rue, notamment la portion au nord du Queensway, fut jadis synonyme de magasins vides et de va-et-vient douteux. Aujourd'hui, elle est le lieu d'un authentique renouveau urbain où résident des nouveaux propriétaires de condo et des personnalités flamboyantes. Voilà qui change le visage d'Ottawa, réputée comme une ville plutôt grise.
Depuis peu, la rue Bank accueille aussi la Galerie 101, un des centres d'art autogérés sans but lucratif les plus anciens d'Ottawa. La galerie loge au-dessus de l'un des rares commerces qui affichent « à louer », à mi-chemin entre les rues Somerset et MacLaren. Étonnamment, l'enseigne de la Galerie 101 qui est affichée sur la porte en verre se fait fort discrète.
Lors du vernissage inaugural qui a eu lieu le 26 octobre 2007, une atmosphère carnavalesque régnait dans la rue et la galerie. Dehors, les lumières rouges des voitures de police tournaient, les « micro » minijupes à paillettes or brillaient et les piétons défilaient sur la rue fermée à la circulation. Dans les deux salles éclairées de la galerie, au second étage, une foule grouillante s'est amenée pour poursuivre la fête.
Le nouvel espace de 1400 pieds carrés, dont 1100 pieds carrés sont consacrés aux activités artistiques et 300 pieds carrés à des bureaux, est beaucoup plus petit que l'ancien immeuble de la galerie, situé au 235, rue Nepean, qui comptait deux étages. La superficie de la galerie faisait alors 1800 pieds carrés sur deux étages. Lors de certains événements, la foule se répandait même jusque dans la rue Nepean. On y trouvait aussi un sous-sol, fort utile, pour entreposer l'importante collection d'œuvres d'art accumulée depuis près de 30 ans.
« Ce qui nous manque le plus ici, c'est un sous-sol et de l'espace de rangement, » affirme Leanne L'Hirondelle, directrice de la galerie. Beaucoup de matériel a été donné aux archives municipales.
Cela dit, c'est la programmation de la Galerie 101 qui souffrira le plus du manque d'espace.
« Nous ne pourrons pas tenir deux événements en même temps comme c'était le cas sur la rue Nepean, » ajoute L'Hirondelle. Moins d'œuvres seront présentées lors des expositions collectives. » Selon elle, l'immeuble de la rue Bank constitue un « excellent rapport qualité-prix », vu le budget alloué, d'autant plus que la superficie de la galerie est tout à fait acceptable.
Le centre d'art voué aux arts visuels et médiatiques a eu quatre maisons en 28 ans. Inauguré en 1979 dans le Glebe, au 101, avenue Fourth, il est ensuite déménagé en 1987, au deuxième étage du 319, rue Lisgar, lieu actuel de l'Invisible Cinema (voir le texte de Luba Szkambara) afin d'offrir davantage de performances multidisciplinaires. Vint ensuite un troisième déménagement, soit sur la rue Nepean. L'immeuble a toutefois été vendu pour être transformé en condos et la galerie a dû se trouver un nouvel endroit. L'Hirondelle a visité de nombreux espaces, de Hintonburg au Marché Byward, avant d'arrêter son choix sur le 301 ½, rue Bank.
« Nous avons été forcés de déménager dans un plus petit espace, » affirme L'Hirondelle. Toute la région s'est embourgeoisée. Et l'embourgeoisement a un prix. Les loyers ont énormément augmenté dans toutes les villes canadiennes. Par contre, les subventions dans le domaine des arts n'ont pas suivi cette tendance. »
À en juger par le succès de la soirée d'ouverture, la galerie réussira sûrement à attirer la clientèle avoisinante recherchée. Selon L'Hirondelle, la Galerie 101 planifie accroître sa visibilité sur la rue Bank, ajouter un centre de ressources à l'intérieur de la galerie et faire usage de la terrasse extérieure qui fait face à une allée et un stationnement.
« Seul l'avenir nous le dira », a-t-elle déclaré.
Nichole McGill est écrivaine. Elle a travaillé à temps plein comme journaliste culturelle et siégé à titre de secrétaire au conseil d'administration du CAO.
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